La famille Adams et autres contes (de moi)

La famille Adams et autres contes (de moi)
J'avais posté ça dans un forum (voir rubrique pub) et je vous le montre (c'est pas encore fini):

Sommaire :
1-Le voyage en Sibérie (chez la cousine Morte)
2- Mercredi ou l'Amour (Apparition de Freddy aux Mains d'acier et d'Edward aux Mains d'Argent)
3- Mort de Morticia et départ de Gomez (vers Macondo)
4- Fétide Roi (sans inceste)
5-Puberté et Buxley : le combat (Le cousin Machin joue le rôle de Créon)
6- Mercredi l'Anti- gône (la gône est la tradition des Adams selon laquelle, le dernier survivant (Mercredi ici) mourait enterré)


la présentation des personnages.
La famille :
Gomez Adams : 42 ans, riche héritier. Sorte de « fou à lié »...
Pour le physique, c'est simple, c'est le même que dans « Les Valeurs de la famille Adams ».
Morticia Adams : Teint blafard, cheveux longs et noirs, toujours en robe longue, moulante et noire. Cette sado-masochiste est très maternelle, mais.....à la façon des Adams !
Fétide Adams : frère de Gomez, chauve et moche, ah oui, idiot aussi [je n'insulte pas les chauves]
Mercredi Adams : Fille de Morticia et de Gomez. Ne rit jamais, sadique.
Pugsley Adams : Frère de Mercredi, gros, un peu comme Ducobu (le journal de Mickey).
Suite de la présentation:
Puberté : Bébé à trois jambes portant une moustache.
Le cousin Machin : Petit être très poilu....
Les autres personnages :
Morte Adams : Cousine de Morticia. Soixante-quinze ans.
Freddy Kruger : Psychopathe à tendances morbides. Alias « Freddy aux Mains d'Acier » ; exerce désormais le métier de croque-mitaine. Pour le « voir », regarder « La revanche de Freddy »
Edward Scissorhand : Jeune garçon, grands yeux noirs, seuls qui animent son pauvre visage couleur de neige parsemé de cicatrices. Pour avoir un aperçu de lui, regarder le film de Burton « Edward aux mains d'Argent ». Ne possède pas de mains mais de grands ciseaux à la place.
Les lieux :
Le manoir Adams : lieux de vie des Adams
Macondo : village fondé au Brésil par José Arcadio Buendia et son épouse Ursula Iguaran. Pour connaître tous les détails lire « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez.
Moutchacha : Maison de Morte.
Histoire 1 : Le voyage en Sibérie (chez la cousine Morte)
Les vacances d'été approchaient, bien sûr, les Adams haïssaient l'été à cause des la chaleur, aussi, ils décidèrent de partir en Sibérie chez Morte Adams, la cousine de Morticia Adams, la mère.
On envoya donc un télégramme à cette femme vieille de soixante-quinze ans qui en paraissait vingt-cinq.
La réponse tomba deux heures plus tard, c'était un « Oui, mes enfants, je vous maudis! » Tout le monde fut content de cette formule de politesse.
Tout notre beau petit monde macabre prépara ses valises et s'apprêta à décamper. Max, « l'homme » à tout faire apprêta la voiture.
Je crois que ce n'est pas la peine de raconter les huit jours de voyage que firent les Adams en mangent le cuire de la voiture (les sièges).
*****************************************************De son côté, Morte se faisait belle car elle convoitait Gomez depuis bien longtemps. Comme je vous l'avais dit plus tôt, elle faisait vingt-cinq ans d'âge (mental, y compris).
Morte Adams, la cousine de Morticia avait fouillé et refouillé sa garde-robe à la recherche de ZE belles fringues très sexys.
Elle avait finalement opté pour une longue (et sale surtout) robe grise, très moulante aussi... Morticia ne s'attendait pas à ça !
Morte convoqua ses domestiques et leur donna à chacun des tâches précises. Les voici :
Margoton (jeune blonde sans cervelle [je n'insulte aucune blonde]) : la lessive
Juno (la cuisinière, petite rousse [je n'insulte pas les rousse] et plutôt potelée) : le cuisine de Gomez.
Frangine (grande d'environ deux mètre, yeux rouge, teint vitreux, cheveux longs bruns, ressemble à une limace [je n'insulte pas les brunes]): la cuisine pour tout le reste de la smala.
*****************************************************
La voiture conduite par Max s'arrêta devant le trottoir enneigé.
En face il y avait la maison de Moche.
En entrant Mercredi sourit d'un sinistre et cruel sourire ; cela signifiait qu'elle avait enfin trouvé « La chambre des tortures », chambre dans laquelle elle pourrait torturer (à l'aide de Bugsley) le petit nouveau de la famille : Puberté.
Morticia quant à elle se sentait assez mal, elle avait une prémonition.
Après voir diné, Morte suggéra une promenade collective. Elle avait tout prévu : D'abord, Fétide et Puberté tomberaient dans un fossé creusé par elle. Puis se serai au tour de Mercredi et de Morticia. Et enfin Gomez et elle seraient tranquilles.
Mais ça ne se passa pas comme ça : avant d'avoir franchi le seuil du petit cimetière privé de la cousine, Gomez l'immobilisa puis lui tira une balle entre les deux yeux et dit à l'assistance bouche bée : « Je l'avais fait suivre par un détective privé et je connais ses intentions... m'épouser et tous tous éliminer. »
Morticia s'avança et remercia son mari.
Les Adams résidèrent encore un mois à « Moutchacha » la maison de feue cousine Moche.
Et ainsi tout est mal qui finit mal.

Histoire 2 : Mercredi ou l'amour (apparition de........)
« Pugsley, où sont les sangsues ? » hurla Morticia à son cadet.
« Je sais plus ! » répondit celui-ci.
« Attention Pugsley, si tu ment, je ne t'emmènerai pas au cinéma pour « Massacre à la tronçonneuse cahoteuse » ! » prévint la mère.
« J'ai plus dix ans ! Je peux y aller seul ! » Vous devinerez bien sure que cette réplique fut lancée par Pugsley.
Morticia baissa les bras et au lieu de parsemer le gâteau d'anniversaire de Mercredi de sangsues comme elle les aimait, elle mit à la place queues de souris.
Le 29 décembre 2008, c'est-à-dire hier, Mercredi a eue dix-neuf ans : l'âge –pour une fille- de se marier chez les Adams.
Morticia poussa la lourde porte de la chambre de sa fille et s'assit sur le lit en lui caressant les cheveux. Si vous aviez vu la scène, vous penserez qu'elle la caressait, mais en fait, elle la griffait [...]
Mercredi se leva d'un bond en jurant.
« Mère, siffla-t-elle, que faits-tu ici ? »
Morticia lui expliqua qu'elle devait absolument apprendre quelque chose de très important. Elle dit :
« Mercredi, tu as dix-neuf ans, aujourd'hui, tu dois te marier.
Nous t'avons choisi deux candidats, prends celui que tu veux. »
Mercredi rétorqua à sa mère et lui fit comprendre (très clairement) que le mariage ce n'était pas pour elle.
« Qu'à cela n'tienne ! pensa Morticia, elle se mariera, point. »
Les deux prétendants, Freddy le moche et Edward, le moins moche, se présentèrent.
Ils portaient respectivement un costume d'épouvantail-tout-droit venu-d'une-petite-ville-perdue-au fin fond de l'Amérique ; et un costume d'ado-boutonneux-soit-disant-gothique.
Freddy acheta à Mercredi un bouquet de plantes carnivores que Morticia a gardé pour elle.
Edward, quant à lui, a ramené une boite de chocolat, personne n'en fut satisfait....
« Eddie, Fred ! dit Morticia, Je suis Morticia Adams, peut-être votre future belle-maman ! ».
-A mon avis, notre moche-maman..., murmura Freddy à son.... compagnon
Gomez s'avança vers Edward et lui dit « Toi, petit vermisseau, viens nous allons parler d'homme à ado acnéique. »
Edward déconcerté suivit M. Adams d'un pas hésitant.
Gomez installa le « petit vermisseau » dans un fauteuil en cuir, noir.
Il dit à Edward en lui prenant les....euh... ciseaux : « Tu sais, petit têtard que Mercredi, ma fille, reconnue partout pour son cruel sadisme (il dit ça en souriant) ne veut pas se marier. »
Le « têtard », très mal à l'aise dit : «Avec tout le respect que j'ai pour vous, moi non plus ! »
Et il sortit.
Gomez se dit que le «coiffeur ambulant » avait quand même du caractère et qu'après quelques séances de « Mamouchka » (dance russe des Adams) et beaucoup de « tours » de chaise électrique, Edward serait comme eux, à dire enragé, presque fou et cynique à « pleuvoir des mouches ».
Freddy, pendant ce temps bavardait avec Morticia et Mercredi.
Morticia conclut de son entretien avec le « jeune homme » qu'en moins de vingt année de boulot très dur (eh oui, être croque-mitaine, ça fatigue !), il deviendrait millionnaire.
Freddy demanda si Mercredi avait déjà été amoureuse.
Celle-ci répondit : «Du cadavre de Gavroche, dans ma vie antérieure ».
Freddy silla, il ne comprenait pas (faut dire qu'il est c °*).
Gomez appela l'épouvantail en espérant que celui-ci serait plus.....plus méchant, oui.
Edward s'assit en face de Morticia et de sa fille. Il trouva très moche Mercredi, mais il tomba sous le charme de Mortcia. Brusquement il se ressaisit : non, pas question d'aimer les Adams.
Il allait retourner chez lui et dire à son père qu'il n'épouserait jamais au grand jamais Mercredi.
Il fixait les deux femmes/filles, le regard vide, c'était gênant comme situation. Tout à coup, il rompu le silence en disant : « Mercredi aimez-vous les marionnettes ? »
Mercredi répondit que oui et il proposa d'organiser son propre spectacle improvisé.
Elle ramena une marionnette dans un sac. Edward prit la sienne et.....
« Bonjour, Mercredi, je suis Edward, votre chevalier servant, voulez-vous m'épouser ? »
« Bonjour Edward, je suis le Diable en personne, je m'engage à vous épouser si vous me vendiez votre âme. »
Edward eut peur et prit ses jambes à son cou.
Quant à Freddy, on le trouva trop intéressé (par l'argent) et on le chassa.
Mercredi n'est pas prête de se marier !
Tout continue très mal dans le plus exécrable des mondes.

Voilà, j'édite plus tard [la suite est déja dans le fow', enfin la demi-suite!]
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# Posté le samedi 10 janvier 2009 16:08

Les générique de chansons......

Les générique de chansons......
De tout mon coeur
De tout mon c½ur,
Avec mon c½ur,
De tout mon c½ur
La force est dans ton c½ur, ouvre grand Tes bras,
Regarde devant toi, laisse glisser les Rumeurs, (ai confiance en toi)
Et si tous les moqueurs, te brisent et Te font peur,
Ta beauté intérieure, c'est ça ta vrai Valeur
Toi qui vis a 100%, pour la danse et le Chant,
Tant qu'il y a de l'amour dans l'air, Tu vis tes rêves et tu espères.

De tout mon c½ur,

C'est avec ton c½ur, que tu y Arriveras,
Qu'on t'aime ou qu'on t'aime pas,
Faut pas avoir peur, non, non
La force est dans ton c½ur,(ton c½ur)
Ouvre grand tes bras,(tes bras)
Regarde devant toi
Laisse glisser les rumeurs, (ai Confiance en toi)
C'est avec ton c½ur, de tout mon c½ur, Que tu y arriveras(tes bras)
Qu'on t'aime ou qu'on t'aime pas, Laisse glisser les rumeurs
Ai confiance en toi,

De tout mon coeur...


Hélène et les garçons

Une fille,
ça a le coeur tout rempli de chansons
qui refleurissent à toutes les saisons,
pour l'amour d'un garçon.

Une fille,
ça a les yeux tout remplis de bonheur,
quand, un matin, elle sent battre son coeur,
pour l'amour d'un garçon.

Ca peut, parfois, n'être plus que chagrin
lorsque personne ne lui tient la main.

Une fille,
c'est si fragile et si tendre à la fois,
et ça peut tellement souffrir quelquefois,
pour l'amour d'un garçon.

Ca peut, parfois, n'être plus que chagrin
lorsque personne ne lui tient la main.

Une fille,
ça peut aussi avoir le coeur brisé
et passer toutes ses nuits à pleurer
pour l'amour d'un garçon.

Une fille,
ça rêve de passer toute sa vie,
sans dire un mot, tout tendrement blottie
dans les bras d'un garçon.
Toute une vie dans les bras d'un garçon.

# Posté le samedi 10 janvier 2009 16:14

.....nouvelle...maupassant....guy...de...

.....nouvelle...maupassant....guy...de...
À René Maizeroy



Ils se promenaient, les deux vieux amis, dans le jardin tout fleuri où le gai printemps remuait de la vie.

L'un était sénateur, et l'autre de l'Académie française, graves tous deux, pleins de raisonnements très logiques mais solennels, gens de marque et de réputation.

Ils parlotèrent d'abord de politique, échangeant des pensées, non pas sur des Idées, mais sur des hommes : les personnalités, en cette matière, primant toujours la Raison. Puis ils soulevèrent quelques souvenirs ; puis ils se turent, continuant à marcher côte à côte, tout amollis par la tiédeur de l'air.

Une grande corbeille de ravenelles exhalait des souffles sucrés et délicats ; un tas de fleurs de toute race et de toute nuance jetaient leurs odeurs dans la brise, tandis qu'un faux-ébénier, vêtu de grappes jaunes, éparpillait au vent sa fine poussière, une fumée d'or qui sentait le miel et qui portait, pareille aux poudres caressantes des parfumeurs, sa semence embaumée à travers l'espace.

Le sénateur s'arrêta, huma le nuage fécondant qui flottait, considéra l'arbre amoureux resplendissant comme un soleil et dont les germes s'envolaient. Et il dit : « Quand on songe que ces imperceptibles atomes qui sentent bon, vont créer des existences à des centaines de lieues d'ici, vont faire tressaillir les fibres et les sèves d'arbres femelles et produire des êtres à racines, naissant d'un germe, comme nous, mortels comme nous, et qui seront remplacés par d'autres êtres de même essence, comme nous toujours ! »

Puis, planté devant l'ébénier radieux dont les parfums vivifiants se détachaient à tous les frissons de l'air, M. le sénateur ajouta : « Ah ! mon gaillard, s'il te fallait faire le compte de tes enfants, tu serais bigrement embarrassé. En voilà un qui les exécute facilement et qui les lâche sans remords, et qui ne s'en inquiète guère. »

L'académicien ajouta : « Nous en faisons autant, mon ami. »

Le sénateur reprit : « Oui, je ne le nie pas, nous les lâchons quelquefois, mais nous le savons au moins, et cela constitue notre supériorité. »

Mais l'autre secoua la tête : « Non, ce n'est pas là ce que je veux dire : voyez-vous, mon cher, il n'est guère d'homme qui ne possède des enfants ignorés, ces enfants dits de père inconnu, qu'il a faits, comme cet arbre reproduit, presque inconsciemment.

« S'il fallait établir le compte des femmes que nous avons eues, nous serions, n'est-ce pas, aussi embarrassés que cet ébénier que vous interpelliez le serait pour numéroter ses descendants.

« De dix-huit à quarante ans enfin, en faisant entrer en ligne les rencontres passagères, les contacts d'une heure, on peut bien admettre que nous avons eu des... rapports intimes avec deux ou trois cents femmes.

« Eh bien, mon ami, dans ce nombre êtes-vous sûr que vous n'en ayez pas fécondé au moins une et que vous ne possédiez point sur le pavé, ou au bagne, un chenapan de fils qui vole et assassine les honnêtes gens, c'est-à-dire nous ; ou bien une fille dans quelque mauvais lieu ; ou peut-être, si elle a eu la chance d'être abandonnée par sa mère, cuisinière en quelque famille.

« Songez en outre que presque toutes les femmes que nous appelons publiques possèdent un ou deux enfants dont elles ignorent le père, enfants attrapés dans le hasard de leurs étreintes à dix ou vingt francs. Dans tout métier on fait la part des profits et pertes. Ces rejetons-là constituent les “pertes” de leur profession. Quels sont les générateurs ? – Vous, – moi, – nous tous, les hommes dits comme il faut ! Ce sont les résultats de nos joyeux dîners d'amis, de nos soirs de gaieté, de ces heures où notre chair contente nous pousse aux accouplements d'aventure.

« Les voleurs, les rôdeurs, tous les misérables, enfin, sont nos enfants. Et cela vaut encore mieux pour nous que si nous étions les leurs, car ils reproduisent aussi, ces gredins-là !

« Tenez, j'ai, pour ma part, sur la conscience une très vilaine histoire que je veux vous dire. C'est pour moi un remords incessant, plus que cela, c'est un doute continuel, une inapaisable incertitude qui, parfois, me torture horriblement.

« À l'âge de vingt-cinq ans j'avais entrepris avec un de mes amis, aujourd'hui conseiller d'État, un voyage en Bretagne, à pied.

« Après quinze ou vingt jours de marche forcenée, après avoir visité les Côtes-du-Nord et une partie du Finistère, nous arrivions à Douarnenez ; de là, en une étape, on gagna la sauvage pointe du Raz par la baie des Trépassés, et on coucha dans un village quelconque dont le nom finissait en of ; mais, le matin venu, une fatigue étrange retint au lit mon camarade. Je dis au lit par habitude, car notre couche se composait simplement de deux bottes de paille.

« Impossible d'être malade en ce lieu. Je le forçai donc à se lever, et nous parvînmes à Audierne vers quatre ou cinq heures du soir.

« Le lendemain, il allait un peu mieux ; on repartit ; mais, en route, il fut pris de malaises intolérables, et c'est à grand-peine que nous pûmes atteindre Pont-Labbé.

« Là, au moins, nous avions une auberge. Mon ami se coucha, et le médecin, qu'on fit venir de Quimper, constata une forte fièvre, sans en déterminer la nature.

« Connaissez-vous Pont-Labbé ? – Non. – Eh bien, c'est la ville la plus bretonne de toute cette Bretagne bretonnante qui va de la pointe du Raz au Morbihan, de cette contrée qui contient l'essence des m½urs, des légendes, des coutumes bretonnes. Encore aujourd'hui, ce coin de pays n'a presque pas changé. Je dis : encore aujourd'hui, car j'y retourne à présent tous les ans, hélas !

« Un vieux château baigne le pied de ses tours dans un grand étang triste, triste, avec des vols d'oiseaux sauvages. Une rivière sort de là que les caboteurs peuvent remonter jusqu'à la ville. Et dans les rues étroites aux maisons antiques, les hommes portent le grand chapeau, le gilet brodé et les quatre vestes superposées : la première, grande comme la main, couvrant au plus les omoplates, et la dernière s'arrêtant juste au-dessus du fond de culotte.

« Les filles, grandes, belles, fraîches, ont la poitrine écrasée dans un gilet de drap qui forme cuirasse, les étreint, ne laissant même pas deviner leur gorge puissante et martyrisée ; et elles sont coiffées d une étrange façon : sur les tempes, deux plaques brodées en couleur encadrent le visage, serrent les cheveux qui tombent en nappe derrière la tête, puis remontent se tasser au sommet du crâne sous un singulier bonnet, tissu souvent d'or ou d'argent.

« La servante de notre auberge avait dix-huit ans au plus, des yeux tout bleus, d'un bleu pâle que perçaient les deux petits points noirs de la pupille ; et ses dents courtes, serrées, qu'elle montrait sans cesse en riant, semblaient faites pour broyer du granit.

« Elle ne savait pas un mot de français, ne parlant que le breton, comme la plupart de ses compatriotes.

« Or, mon ami n'allait guère mieux, et, bien qu'aucune maladie ne se déclarât, le médecin lui défendait de partir encore, ordonnant un repos complet. Je passais donc les journées près de lui, et sans cesse la petite bonne entrait, apportant, soit mon dîner, soit de la tisane.

« Je la lutinais un peu, ce qui semblait l'amuser, mais nous ne causions pas, naturellement, puisque nous ne nous comprenions point.

« Or, une nuit, comme j'étais resté fort tard auprès du malade, je croisai, en regagnant ma chambre, la fillette qui rentrait dans la sienne. C'était juste en face de ma porte ouverte ; alors brusquement, sans réfléchir à ce que je faisais, plutôt par plaisanterie qu'autrement, je la saisis à pleine taille, et, avant qu'elle fût revenue de sa stupeur, je l'avais jetée et enfermée chez moi. Elle me regardait, effarée, affolée, épouvantée, n'osant pas crier de peur d'un scandale, d'être chassée sans doute par ses maîtres d'abord, et peut-être par son père ensuite.

« J'avais fait cela en riant : mais, dès qu'elle fut chez moi, le désir de la posséder m'envahit. Ce fut une lutte longue et silencieuse, une lutte corps à corps, à la façon des athlètes, avec les bras tendus, crispés, tordus, la respiration essoufflée, la peau mouillée de sueur. Oh ! elle se débattit vaillamment : et parfois nous heurtions un meuble, une cloison, une chaise : alors, toujours enlacés, nous restions immobiles plusieurs secondes dans la crainte que le bruit n'eût éveillé quelqu'un ; puis nous recommencions notre acharnée bataille, moi l'attaquant, elle résistant.

« Épuisée enfin, elle tomba : et je la pris brutalement, par terre, sur le pavé.

« Sitôt relevée, elle courut à la porte, tira les verrous et s'enfuit.

« Je la rencontrai à peine les jours suivants. Elle ne me laissait point l'approcher. Puis, comme mon camarade était guéri et que nous devions reprendre notre voyage, je la vis entrer, la veille de mon départ, à minuit, nu-pieds, en chemise, dans ma chambre où je venais de me retirer.

« Elle se jeta dans mes bras, m'étreignit passionnément, puis, jusqu'au jour, m'embrassa, me caressa, pleurant, sanglotant, me donnant enfin toutes les assurances de tendresse et de désespoir qu'une femme nous peut donner quand elle ne sait pas un mot de notre langue.

« Huit jours après, j'avais oublié cette aventure commune et fréquente quand on voyage, les servantes d'auberge étant généralement destinées à distraire ainsi les voyageurs.

« Et je fus trente ans sans y songer et sans revenir à Pont-Labbé.

« Or, en 1876, j'y retournai par hasard au cours d'une excursion en Bretagne, entreprise pour documenter un livre et pour me bien pénétrer des paysages.

« Rien ne me sembla changé. Le château mouillait toujours ses murs grisâtres dans l'étang à l'entrée de la petite ville : et l'auberge était la même quoique réparée, remise à neuf, avec un air plus moderne. En entrant, je fus reçu par deux jeunes Bretonnes de dix-huit ans, fraîches et gentilles, encuirassées dans leur étroit gilet de drap, casquées d'argent avec les grandes plaques brodées sur les oreilles.

« Il était environ six heures du soir. Je me mis à table pour dîner et, comme le patron s'empressait lui-même à me servir, la fatalité sans doute me fit dire : “Avez-vous connu les anciens maîtres de cette maison ? J'ai passé ici une dizaine de jours il y a trente ans maintenant. Je vous parle de loin.”

« Il répondit : “C'étaient mes parents, monsieur.”

« Alors je lui racontai en quelle occasion je m'étais arrêté, comment j'avais été retenu par l'indisposition d'un camarade. Il ne me laissa pas achever.

« – Oh ! je me rappelle parfaitement. J'avais alors quinze ou seize ans. Vous couchiez dans la chambre du fond et votre ami dans celle dont j'ai fait la mienne, sur la rue.

« C'est alors seulement que le souvenir très vif de la petite bonne me revint. Je demandai : “Vous rappelez-vous une gentille petite servante qu'avait alors votre père, et qui possédait, si ma mémoire ne me trompe, de jolis yeux bleus et des dents fraîches ?”

« Il reprit : “Oui, monsieur ; elle est morte en couches quelque temps après.”

« Et, tendant la main vers la cour où un homme maigre et boiteux remuait du fumier, il ajouta : “Voilà son fils.”

« Je me mis à rire. “Il n'est pas beau et ne ressemble guère à sa mère. Il tient du père sans doute.”

« L'aubergiste reprit : “Ça se peut bien ; mais on n'a jamais su à qui c'était. Elle est morte sans le dire et personne ici ne lui connaissait de galant. Ç'a été un fameux étonnement quand on a appris qu'elle était enceinte. Personne ne voulait le croire.”

« J'eus une sorte de frisson désagréable, un de ces effleurements pénibles qui nous touchent le c½ur, comme l'approche d'un lourd chagrin. Et je regardai l'homme dans la cour. Il venait maintenant de puiser de l'eau pour les chevaux et portait ses deux seaux en boitant, avec un effort douloureux de la jambe plus courte. Il était déguenillé, hideusement sale, avec de longs cheveux jaunes tellement mêlés qu'ils lui tombaient comme des cordes sur les joues.

« L'aubergiste ajouta : “Il ne vaut pas grand-chose, ç'a été gardé par charité dans la maison. Peut-être qu'il aurait mieux tourné si on l'avait élevé comme tout le monde. Mais que voulez-vous, monsieur ? Pas de père, pas de mère, pas d'argent ! Mes parents ont eu pitié de l'enfant, mais ce n'était pas à eux, vous comprenez.”

« Je ne dis rien.

« Et je couchai dans mon ancienne chambre ; et toute la nuit je pensai à cet affreux valet d'écurie en me répétant : “Si c'était mon fils, pourtant ? Aurais-je donc pu tuer cette fille et procréer cet être ?” C'était possible, enfin !

« Je résolus de parler à cet homme et de connaître exactement la date de sa naissance. Une différence de deux mois devait m'arracher mes doutes.

« Je le fis venir le lendemain. Mais il ne parlait pas le français non plus. Il avait l'air de ne rien comprendre, d'ailleurs, ignorant absolument son âge qu'une des bonnes lui demanda de ma part. Et il se tenait d'un air idiot devant moi, roulant son chapeau dans ses pattes noueuses et dégoûtantes, riant stupidement, avec quelque chose du rire ancien de la mère dans le coin des lèvres et dans le coin des yeux.

« Mais le patron survenant alla chercher l'acte de naissance du misérable. Il était entré dans la vie huit mois et vingt-six jours après mon passage à Pont-Labbé, car je me rappelais parfaitement être arrivé à Lorient le 15 août. L'acte portait la mention : « Père inconnu. » La mère s'était appelée Jeanne Kerradec.

« Alors mon c½ur se mit à battre à coups pressés. Je ne pouvais plus parler tant je me sentais suffoqué : et je regardais cette brute dont les grands cheveux jaunes semblaient un fumier plus sordide que celui des bêtes ; et le gueux, gêné par mon regard, cessait de rire, détournait la tête, cherchait à s'en aller.

« Tout le jour j'errai le long de la petite rivière, en réfléchissant douloureusement Mais à quoi bon réfléchir ? Rien ne pouvait me fixer. Pendant des heures et des heures je pesais toutes les raisons bonnes ou mauvaises pour ou contre mes chances de paternité, m'énervant en des suppositions inextricables, pour revenir sans cesse à la même horrible incertitude, puis à la conviction plus atroce encore que cet homme était mon fils.

« Je ne pus dîner et je me retirai dans ma chambre. Je fus longtemps sans parvenir à dormir ; puis le sommeil vint, un sommeil hanté de visions insupportables. Je voyais ce goujat qui me riait au nez, m'appelait “papa” ; puis il se changeait en chien et me mordait les mollets, et, j'avais beau me sauver, il me suivait toujours, et, au lieu d'aboyer, il parlait, m'injuriait ; puis il comparaissait devant mes collègues de l'Académie réunis pour décider si j'étais bien son père ; et l'un d'eux s'écriait : “C'est indubitable ! Regardez donc comme il lui ressemble.” Et en effet je m'apercevais que ce monstre me ressemblait. Et je me réveillai avec cette idée plantée dans le crâne et avec le désir fou de revoir l'homme pour décider si, oui ou non, nous avions des traits communs.

« Je le joignis comme il allait à la messe (c'était un dimanche) et je lui donnai cent sous en le dévisageant anxieusement. Il se remit à rire d'une ignoble façon, prit l'argent, puis, gêné de nouveau par mon ½il, il s'enfuit après avoir bredouillé un mot à peu près inarticulé, qui voulait dire “merci”, sans doute.

« La journée se passa pour moi dans les mêmes angoisses que la veille. Vers le soir, je fis venir l'hôtelier, et avec beaucoup de précautions, d'habiletés, de finesses, je lui dis que je m'intéressais à ce pauvre être si abandonné de tous et privé de tout, et que je voulais faire quelque chose pour lui.

« Mais l'homme répliqua : “Oh ! n'y songez pas, monsieur, il ne vaut rien, vous n'en aurez que du désagrément. Moi, je l'emploie à vider l'écurie, et c'est tout ce qu'il peut faire. Pour ça je le nourris et il couche avec les chevaux. Il ne lui en faut pas plus. Si vous avez une vieille culotte, donnez-la-lui, mais elle sera en pièces dans huit jours.”

« Je n'insistai pas, me réservant d'aviser.

« Le gueux rentra le soir horriblement ivre, faillit mettre le feu à la maison, assomma un cheval à coups de pioche, et, en fin de compte, s'endormit dans la boue sous la pluie, grâce à mes largesses.

« On me pria le lendemain de ne plus lui donner d'argent. L'eau-de-vie le rendait furieux, et, dès qu'il avait deux sous en poche, il les buvait. L'aubergiste ajouta : “Lui donner de l'argent, c'est vouloir sa mort.” Cet homme n'en avait jamais eu, absolument jamais, sauf quelques centimes jetés par les voyageurs, et il ne connaissait pas d'autre destination à ce métal que le cabaret.

« Alors je passai des heures dans ma chambre, avec un livre ouvert que je semblais lire, mais ne faisant autre chose que de regarder cette brute, mon fils ! mon fils ! en tâchant de découvrir s'il avait quelque chose de moi. À force de chercher, je crus reconnaître des lignes semblables dans le front et à la naissance du nez, et je fus bientôt convaincu d'une ressemblance que dissimulaient l'habillement différent et la crinière hideuse de l'homme.

« Mais je ne pouvais demeurer plus longtemps sans devenir suspect, et je partis, le c½ur broyé, après avoir laissé à l'aubergiste quelque argent pour adoucir l'existence de son valet.

« Or, depuis six ans, je vis avec cette pensée, cette horrible incertitude, ce doute abominable. Et, chaque année, une force invincible me ramène à Pont-Labbé. Chaque année je me condamne à ce supplice de voir cette brute patauger dans son fumier, de m'imaginer qu'il me ressemble, de chercher, toujours en vain, à lui être secourable. Et chaque année je reviens ici, plus indécis, plus torturé, plus anxieux.

« J'ai essayé de le faire instruire. Il est idiot sans ressource.

« J'ai essayé de lui rendre la vie moins pénible. Il est irrémédiablement ivrogne et emploie à boire tout l'argent qu'on lui donne et il sait fort bien vendre ses habits neufs pour se procurer de l'eau-de-vie.

« J'ai essayé d'apitoyer sur lui son patron pour qu'il le ménageât, en offrant toujours de l'argent. L'aubergiste, étonné à la fin, m'a répondu fort sagement : “Tout ce que vous ferez pour lui, monsieur, ne servira qu'à le perdre. Il faut le tenir comme un prisonnier. Sitôt qu'il a du temps ou du bien-être, il devient malfaisant. Si vous voulez faire du bien, ça ne manque pas, allez, les enfants abandonnés, mais choisissez-en un qui réponde à votre peine.”

« Que dire à cela ?

« Et si je laissais percer un soupçon des doutes qui me torturent, ce crétin, certes, deviendrait malin pour m'exploiter, me compromettre, me perdre, il me crierait “papa”, comme dans mon rêve.

« Et je me dis que j'ai tué la mère et perdu cet être atrophié, larve d'écurie, éclose et poussée dans le fumier, cet homme qui, élevé comme d'autres, aurait été pareil aux autres.

« Et vous ne vous figurez pas la sensation étrange, confuse et intolérable que j'éprouve en face de lui en songeant que cela est sorti de moi, qu'il tient à moi par ce lien intime qui lie le fils au père, que, grâce aux terribles lois de l'hérédité, il est moi par mille choses, par son sang et par sa chair, et qu'il a jusqu'aux mêmes germes de maladies, aux mêmes ferments de passions.

« Et j'ai sans cesse un inapaisable et douloureux besoin de le voir ; et sa vue me fait horriblement souffrir ; et de ma fenêtre, là-bas, je le regarde pendant des heures remuer et charrier les ordures des bêtes, en me répétant : “C'est mon fils.”

« Et je sens, parfois, d'intolérables envies de l'embrasser. Je n'ai même jamais touché sa main sordide. »

L'académicien se tut. Et son compagnon, l'homme politique, murmura : « Oui, vraiment nous devrions bien nous occuper un peu plus des enfants qui n'ont pas de père. »

Et un souffle de vent traversant le grand arbre jaune secoua ses grappes, enveloppa d'une nuée odorante et fine les deux vieillards qui la respirèrent à longs traits.

Et le sénateur ajouta : « C'est bon vraiment d'avoir vingt-cinq ans, et même de faire des enfants comme ça. »
Catégories : Contes et Nouvelles de Maupassant | 1882
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# Posté le samedi 10 janvier 2009 16:28

Cent ans de solitude

Cent ans de solitude
Cent ans de solitude (titre original: Cien años de soledad ) est un roman de langue espagnole, écrit par le romancier, nouvelliste et journaliste colombien Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature en 1982. L'ouvrage a été rédigé en 1965 au Mexique et publié deux ans plus tard à Buenos Aires, en Argentine, par Editorial Sudamericana à huit mille exemplaires. Il est considéré comme une ½uvre maîtresse de la littérature hispano-américaine en particulier et de la littérature universelle de manière générale. C'est un des romans les plus lus et les plus traduits actuellement, en espagnol comme dans d'autres langues. Il est souvent cité comme le texte le plus représentatif du réalisme magique, faisant cohabiter plusieurs genres littéraires et juxtaposant un cadre historique avéré et des références culturelles vraisemblables à des éléments surnaturels ou irrationnels. Il narre le parcours de la famille Buendia sur six générations, habitant le village imaginaire de Macondo et acculée à vivre cent ans de solitude par la prophétie du gitan Melquíades. Elle va ainsi traverser les guerres et les conflits propres à l'histoire colombienne.

À ce jour, à peu près 30 millions d'exemplaires de l'ouvrage ont été vendus dans le monde depuis sa première parution. Il a été traduit dans 35 langues.Sommaire [masquer]
1 Contexte et structure
2 Résumé
3 Thèmes centraux
3.1 La solitude
3.2 La réalité et la fiction (ou réalisme magique)
3.3 L'inceste
3.4 Références bibliques
4 Technique narrative
5 Temps et espace
5.1 Situation géographique
5.2 Temps historique
5.3 Temps cyclique
6 Personnages
6.1 Première génération
6.1.1 José Arcadio Buendía
6.1.2 Úrsula Iguarán
6.2 Seconde génération
6.2.1 José Arcadio
6.2.2 Colonel Aureliano Buendía
6.2.3 Remedios Moscote
6.2.4 Amaranta
6.2.5 Rebecca
6.3 Troisième génération
6.3.1 Arcadio
6.3.2 Aureliano José
6.3.3 Santa Sofía de la Piedad (Sainte Sophie de la Piété)
6.3.4 Les 17 Aurelianos
6.4 Quatrième génération
6.4.1 Remedios la belle
6.4.2 José Arcadio Segundo
6.4.3 Aureliano Segundo
6.4.4 Fernanda del Carpio
6.5 Cinquième génération
6.5.1 Renata Remedios (Meme)
6.5.2 José Arcadio
6.5.3 Amaranta Úrsula
6.6 Sixième génération
6.6.1 Aureliano Babilonia
6.7 Septième génération
6.7.1 Aureliano
6.8 Personnages extérieurs à la famille
6.8.1 Prudencio Aguilar
6.8.2 Melquíades
6.8.3 Pilar Ternera
6.8.4 Nicanor Ulloa et Rebeca Montiel
6.8.5 Pietro Crespi
6.8.6 Petra Cotes
6.8.7 Mr. Herbert et Mr. Brown
6.8.8 Mauricio Babilonia
6.8.9 Gastón
7 Interprétations
8 Cent ans de solitude dans d'autres langues
8.1 Le roman en anglais
8.2 Le roman en italien
8.3 Le roman en français
8.4 Le roman en allemand
8.5 Le roman en espéranto
9 Portée de l'½uvre
10 Prix
11 Citations
12 Références bibliographiques
12.1 Notes
13 Voir aussi


Contexte et structure [modifier]

Cent ans de solitude fut écrit par Gabriel García Márquez en 18 mois (entre 1965 et 1967) à Mexico, où il vivait avec sa famille. L'idée originelle de cette ½uvre surgit en 1952 lors d'un voyage que réalise l'auteur dans son village natal, Aracataca (Colombie), en compagnie de sa mère. Dans le conte Un jour après le samedi, publié en 1954, il fait référence à Macondo pour la première fois, et plusieurs des personnages de cette ½uvre apparaissent dans certains de ses contes et de ses romans antérieurs. Au début, il pensait intituler son roman La Maison, mais il se décida pour Cent ans de solitude pour éviter la confusion avec le roman La Grande Maison, publié en 1954 par son ami, l'écrivain colombien Alvaro Cepeda Samudio. La première édition de Cent ans de solitude fut publiée le 5 juin 1967 par Editorial Sudamericana, éditeur de Buenos Aires où les originaux furent envoyés par courrier, en deux parties.

Le livre se compose de 20 chapitres sans titre, dans lesquels une histoire est racontée grâce à une structure cyclique temporelle ; tant les événements du village et de la famille Buendia que les noms des personnages se répètent encore et encore, faisant fusionner le fantastique et la réalité. Dans les trois premiers chapitres sont racontés l'exode d'un groupe de familles et l'établissement du village de Macondo. Du chapitre 4 au chapitre 16, il s'agit du développement économique, politique et social du village. Les quatre derniers chapitres relatent sa décadence.

Résumé [modifier]

Cent Ans de solitude relate l'histoire de la famille Buendia sur six générations, dans le village imaginaire de Macondo. Ce village est fondé par plusieurs familles, conduites par José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán, un couple de cousins qui se marièrent, pleins d'appréhension et de craintes dues à leur parenté et au mythe existant dans la région, qui disait que leur descendance pourrait naître avec une queue de cochon. Malgré cela, il eurent trois enfants : José Arcadio, Aureliano et Amaranta (prénoms qui se répèteront aux générations suivantes). José Arcadio, le fondateur, est la personne qui dirigera et enquêtera sur les nouveautés qu'apportent les gitans au village, et il terminera sa vie attaché à l'arbre où arrive le fantôme de son ennemi, Prudencio Aguilar avec lequel il dialogue. Ursula est la matriarche de la famille, qui vit durant plus de cent ans, s'occupant de la famille et du foyer.

Le village va peu à peu s'étendre et avec cet accroissement arrivent des habitants venant de l'autre côté du marécage (terrain qui entoure et isole le village de l'extérieur, comme c'est le cas pour Aracataca). Avec eux, l'activité commerciale et la construction se développent à Macondo. Malheureusement, apparaissent aussi la peste de l'insomnie et la peste de l'oubli. La perte de mémoire oblige les habitants à inventer une méthode pour se souvenir des choses et Aureliano commence à étiqueter tous les objets pour se rappeler leur nom ; cependant, cette méthode commence à faillir quand les personnages oublient la lecture. Jusqu'au jour où revient Melquíades (le chef des gitans et ami de José Arcadio) avec une boisson pour rétablir la mémoire de manière immédiate. En remerciement, il est invité à rester vivre dans la maison.

Quand la guerre civile éclate, la population prend une part active au conflit en envoyant une armée de résistance dirigée par le colonel Aureliano Buendía (second fils de José Arcadio) lutter contre le régime conservateur. Pendant ce temps, au village, Arcadio (petit-fils du fondateur et fils de Pilar Ternera et José Arcadio) est nommé chef civil et militaire par son oncle et se transforme en un dictateur brutal, qui est fusillé quand le conservatisme reprend le pouvoir.

La guerre continue et la vie du colonel est sauvée en plusieurs occasions, jusqu'au jour où fatigué de lutter sans raison, il signe un traité de paix qui durera jusqu'à la fin du roman. Après avoir signé le traité, Aureliano se tire une balle dans la poitrine, mais il survit. Plus tard, il retourne à la maison, s'éloigne de la politique et se consacre à la fabrication de petits poissons en or, enfermé dans son atelier d'où il sort uniquement pour les vendre.

Aureliano Triste, l'un des dix-sept enfants du colonel Aureliano Buendia, installe une fabrique de glace à Macondo, laisse le commerce à son frère Aureliano Centeno et s'en va du village avec l'idée d'amener le train. Il revient peu de temps après, remplissant sa mission, laquelle génère un grand développement, avec le train, arrive aussi le télégraphe, le gramophone et le cinéma. Le village se convertit alors en un centre d'activité dans la région, attirant des milliers de personnes de différents lieux. Quelques étrangers récemment arrivés établissent une plantation de bananes près de Macondo. Le village prospère jusqu'à l'apparition d'une grève à la plantation bananière ; pour en finir avec elle, l'armée nationale est présente et les travailleurs qui protestent sont assassinés et jetés à la mer.

Après le massacre des ouvriers de la bananeraie, le village fut assailli par les pluies qui durèrent quatre ans, onze mois et deux jours. Ursula dit qu'elle attend la fin du déluge pour enfin mourir. Naît Aureliano Babilonia, le dernier membre de la lignée Buendia (d'abord appelé Aureliano Buendia, jusqu'à ce qu'on découvre grâce aux parchemins de Melquiades que le nom de son père est Babilonia). Quand les pluies cessent, Ursula meurt et Macondo reste desolé.

La famille se voit réduite et à Macondo, on ne se souvient déjà plus des Buendia ; Aureliano se consacre au déchiffrement des parchemins de Melquiades dans son laboratoire, jusqu'à ce que revienne de Bruxelles sa tante Amaranta Ursula, avec laquelle il a une liaison. Amaranta Ursula tombe enceinte et a un enfant qui à la naissance a une queue de cochon ; elle meurt vidée de son sang après l'accouchement. Aureliano Babilonia, désespéré, sort dans le village appelant de porte en porte, mais Macondo est alors un village abandonné et il rencontre seulement un cantinero qui lui offre de l'eau de vie, il reste dormir. À son réveil, il se souvient de son nouveau né et court le chercher, mais à son arrivée, il se rend compte que des fourmis sont en train de le manger.

Aureliano se rappelle que c'était prédit dans les parchemins de Melquiades et termine de déchiffrer l'histoire des Buendia qui était déjà écrite à l'avance, se rendant compte en les lisant, que sa propre histoire s'achève là et avec lui, l'histoire de Macondo.

Thèmes centraux [modifier]

La solitude [modifier]

Tout au long du roman, tous les personnages semblent prédestinés à souffrir de la solitude comme une caractéristique innée à la famille Buendia. Le village même vit isolé de la modernité, toujours en attente de l'arrivée des gitans qui amènent les nouvelles inventions; et l'oubli, fréquent dans les événements tragiques récurrents dans l'histoire de la culture que présente l'½uvre.

La solitude est particulièrement évidente pour le colonel Aureliano Buendia dont la maladresse pour exprimer l'amour fait qu'il s'en va à la guerre en laissant des enfants de mères différentes à divers endroits. À certaines occasions, il demande même que l'on trace un cercle de trois mètres autour de lui pour éviter qu'on l'approche. Aussi, après avoir signé la paix, il se tire une balle dans la poitrine pour ne pas avoir à affronter l'avenir, mais il est tellement malchanceux qu'il se rate et passe sa vieillesse dans le laboratoire d'alchimie à fabriquer des petits poissons en or qu'il défait et refait dans un pacte d'honneur avec la solitude. D'autres personnages comme le fondateur de Macondo, José Arcadio Buendia (qui meurt seul attaché à un arbre), Ursula (qui vit la solitude dans la cécité), José Arcadio (fils du fondateur) et Rebeca (qui s'en vont habiter seuls dans une autre maison), Amaranta (qui reste célibataire), Gerineldo Márquez (qui attend une pension qui n'arrive jamais), Pietro Crespi (qui se suicide face au refus de ses maîtresses), entre autres, souffrent des conséquences de la solitude et de l'abandon.

Une des raisons primordiales pour laquelle ils finissent seuls et frustrés est leur incapacité à aimer. Cet état est rompu avec l'union d'Aureliano Balilonia et Amaranta Ursula, qui ne reconnaissent pas leur lien de parenté, provoquant une fin tragique à l'histoire.

La réalité et la fiction (ou réalisme magique) [modifier]

La narration présente des événements fantastiques dans le quotidien, situation qui n'est pas anormale pour les personnages ; de la même façon, l'exagération de l'environnement est fréquente. Aussi, sont présentés des faits historiques colombiens comme les guerres civiles entre partis politiques et la tuerie des plantations bananières à l'intérieur du mythe de Macondo.

Des événements comme l'élévation de Remedios, les prophéties dans les parchemins de Melquiades, la lévitation du Père Nicanor, la réapparition de personnages morts et les inventions extraordinaires qu'apportent les gitans (comme l'aimant, la loupe, la glace, etc.) rompent avec la réalité présente dans l'½uvre et invitent le lecteur à entrer dans un monde dans lequel les situations les plus invraisemblables sont aussi possibles.

L'inceste [modifier]

Les relations entre parents s'inscrivent dans le mythe de la naissance d'un enfant avec une queue de porc ; malgré cela, elles sont présentes entre plusieurs membres de la famille et plusieurs générations. L'histoire commence avec une relation entre deux cousins : José Arcadio et Ursula, qui grandirent ensemble dans l'ancien campement, et ont l'exemple de quelques-uns de leurs oncles qui eurent un enfant avec une queue de porc. Postérieurement, José Arcadio (fils du fondateur) se marie avec Rebeca Montiel (fille adoptive), représentation d'une relation entre frères. Aureliano José vit la frustration en tombant amoureux de sa tante Amaranta ; il va jusqu'à la demander en mariage, mais celle-ci refuse. Finalement, il y a la relation entre Amaranta Ursula et son neveu, Aureliano Babilonia, qui ne connaissent pas leur lien de parenté étant donné que Fernanda del Carpio, grand-mère d'Aureliano, lui a caché ses véritables origines.

Cette dernière relation – seule véritable relation d'amour dans le récit – est, paradoxalement, la cause de la disparition de la lignée Buendia, prédite dans les parchemins de Melquiades.

Références bibliques [modifier]

Une autre particularité très intéressante de ce livre est l'association du surnaturel avec un certain nombre de fragments de la Bible et de la tradition catholique, comme son évolution depuis la création (Genèse) jusqu'à la destruction (Apocalypse). On fait référence par la similitude du récit à des faits aussi remarquables que l'Assomption de la vierge Marie avec l'élévation de Remedios, à l'Exode avec la traversée réalisée par la famille fondatrice depuis la Guajira dans la montagne jusqu'à arriver au marécage, au Déluge à travers les pluies qui assiègent Macondo durant cinq ans, aux plaies d'Égypte quand la population souffre d'insomnie et d'amnésie et au péché originel avec la crainte du châtiment pour l'inceste.

Il est aussi fait référence à l'Église Catholique quand le Père Nicanor Reyna arrive à Macondo pour célébrer le mariage entre Aureliano Buendia et Remedios Moscote et découvre que le village vit dans le péché, assujetti à la loi naturelle, sans baptême pour les enfants, ni sanctification des fêtes, et il décide de rester pour les évangéliser. Lorsque le temple du village est construit, il attire les fidèles par des exhibitions de lévitation (état qu'il atteint en prenant du chocolat). Aussi, José Arcadio (fils d'Aureliano Segundo et Fernanda del Carpia) est envoyé à Rome, car ils veulent en faire un Pape, mais il se désiste et retourne au village après un moment.

Technique narrative [modifier]

Dans Cent ans de solitude, Garcia Marquez utilise une technique narrative qui recourt à un ton, un espace et un rythme romanesque particulier. Dans l'ensemble, ces trois éléments permettent au lecteur de se familiariser à l'histoire facilement. Le ton narratif est clairement défini par une troisième personne ou narrateur passif hétérodiégétique (externe au récit), lequel va révéler les événements sans porter de jugement et sans marquer de différence entre le réel et le fantastique. Depuis le début, le narrateur connaît l'histoire et la raconte de manière imperturbable et avec naturel, même dans les passages où sont relatés des faits tragiques. Cette distance face aux faits permet de maintenir l'objectivité du narrateur tout au long de l'ouvrage.

L'espace romanesque est l'univers montré par le narrateur, dans lequel se déroulent les événements. Macondo, dans lequel sont insérés les personnages et dans lequel on observe que tout ce qui arrive à l'extérieur est moins dense, naît et meurt dans le livre, Enfin, le rythme narratif, complémentaire au ton, imprime à l'histoire un certain dynamisme. En peu de mots, le narrateur raconte de nombreuses choses, condensant l'information et montrant les détails essentiels de l'histoire.
Oxymore : «La región encantada que exploró José Arcadio Buendía en los tiempos de la fundación, y donde luego prosperaran las plantaciones de banano, era un tremendal de cepas putrefactas».
Synesthésie : «delicado viento de luz».
Anaphore : «...veía los muertos hombres, los muertos mujeres, los muertos niños que iba a ser arrojados al mar como banano de rechazo».
Comparaison (rhétorique): «Amaranta Úrsula fue cerrando los dedos como un molusco».
Épiphonème wiktionnaire : «El coronel Aureliano Buendía apenas sí comprendió que el secreto de una buena vejez no es otra cosa que un pacto honrado con la soledad».

Temps et espace [modifier]

Le récit se situe dans le village de Macondo, un lieu fictif qui reflète un grand nombre des coutumes et anecdotes vécues par Garcia Marquez durant son enfance et sa jeunesse dans le village d'Aracataca, en Colombie. Le temps, à la fois éternel, linéaire et cyclique, et une prose rythmique proche de la tradition orale, donnent au roman un caractère distinct du mythe caché mais élaborent un style proche du conte ou de la fable allégorique, mêlant l'histoire réelle et l'irrationnel fictif, ce qui a amené les critiques de ce texte à le considérer comme l'une des ½uvres fondatrices du courant littéraire plus connu sous le nom de "réalisme magique".

Situation géographique [modifier]

Les références géographiques cadrent avec n'importe quelle côte des Caraïbes colombiennes, faisant référence à la montagne et aux marécages (lieux que traverse l'expédition de José Arcadio Buendia en partant de la ville de Riohacha). Par rapprochement, on peut supposer qu'il s'agit de la Ciénaga Grande de Santa Marta et de la Sierra Nevada de Santa Marta, lieux qui se situent géographiquement entre les municipalités de Ciénaga (Magdalena) et Aracataca (village d'origine de l'auteur).

Temps historique [modifier]

Dans l'histoire colombienne, Cent ans de solitude peut être situé entre la moitié du XIXe siècle et la moitié du XXe, époque clairement connue pour les guerres civiles durant lesquelles s'affrontèrent les jeunes partis libéral et conservateur qui débattaient les idéologies du régime fédéraliste et centraliste dans le pays. Durant la Regeneración, le président Rafael Núñez promeut la constitution de 1886, laquelle établit un régime centraliste principalement politique et économique, faisant naître la république conservatrice (qui se prolonge jusqu'en 1930). Comme principal détracteur, il a Rafael Uribe Uribe, qui dirigera la guerre civile de 1895 et la Guerre des Mille Jours entre 1899 et 1902, laquelle se termine avec la signature des traités de paix de Neerlandia et Wisconsin.

En 1906, on construit le chemin de fer sur la côte atlantique colombienne, reliant Santa Marta et la Ciénaga (Magdalena) et alors s'établit dans le pays la compagnie United Fruit Company pour l'exploitation bananière, situation qui provoque un développement rapide de la région. Le traitement inhumain des travailleurs obligea a organiser une grève en novembre 1928 qui déclencha les événements connus comme le massacre des Bananeraies.

Temps cyclique [modifier]

Malgré le fait qu'elle soit située dans un cadre historique reconnaissable, l'histoire paraît statique puisque les événements se répètent de manière cyclique encore et encore. Les personnages qui apparaissent au début de l'½uvre, sont réincarnés dans d'autres personnages qui ont le même nom et la même personnalité, comme c'est le cas des Aurelianos et des José Arcadios. Cette même caractéristique se présente dans d'autres situations comme les relations incestueuses et les destins solitaires des protagonistes, en un cercle vicieux qui termine seulement quand le village entre dans la décadence et quand vient la fin de la famille Buendia.

Personnages [modifier]

Arbre généalogique de la famille Buendia

Première génération [modifier]

José Arcadio Buendía [modifier]

Patriarche de la famille et fondateur de Macondo. À 19 ans, il se marie avec sa cousine Ursula Iguarán. C'est une personne à la volonté forte, inamovible (tant physiquement que moralement) et avec un grand intérêt pour les mystères philosophiques, idéaliste et aventureux. Il est responsable du destin de Macondo et en est le dirigeant modèle durant les premières années. Son arrivée à Macondo est la conséquence d'une dispute qui se termine par le meurtre de Prudencio Aguilar par José Arcadio lui-même, dans l'ancien village qu'ils habitaient. Il finit ses jours attaché à un arbre.

Úrsula Iguarán [modifier]

Au long des nombreuses générations, elle est l'axe principal de la famille, laquelle elle conduit avec une volonté décidée dans les moments qui requièrent son intervention. Sa connaissance de cette famille atteint un tel point qu'elle établit des conclusions sur ses descendants. Sa capacité réflexive augmente à mesure que passe le temps.

Seconde génération [modifier]

José Arcadio [modifier]

Il est le fils aîné de Úrsula Iguarán et José Arcadio Buendía. Il a hérité de la force de caractère de son père et de sa manière d'être impulsive. Il se fiance avec Pilar Ternera, mais l'abandonne alors qu'elle est enceinte de lui. Il laisse sa famille pour une jeune gitane, mais revient étonnement après plusieurs années en grand homme, affirmant qu'il a navigué par les mers du monde. Il se marie avec Rebeca et vit éloigné de la famille. Il meurt d'un mystérieux coup de feu quelques jours après avoir sauvé son frère d'une exécution.

Colonel Aureliano Buendía [modifier]

Il est le second fils de la famille et la première personne qui naît à Macondo. Il a la mentalité et la nature philosophe de son père. Il étudie l'orfèvrerie et lorsque la guerre commence, il s'unit au parti liberal avec un mélange de passion pour les armes et les sciences. Il se bat contre le gouvernement colombien durant 32 guerres civiles et évite la mort en de multiples occasions. Quand il perd tout intérêt pour la guerre, il signe un traité de paix et retourne chez lui. Durant sa vieillesse, il perd toute capacité émotionnelle et mémorielle et se consacre entièrement à l'élaboration de petits poissons en or.

Remedios Moscote [modifier]

Remedios est la plus jeune fille de l'administrateur du gouvernement conservateur à Macondo, Don Apolinar Moscote. Le futur Colonel Aureliano tombe amoureux d'elle, malgré sa jeunesse à cause de laquelle il faut attendre, pour les noces, qu'elle atteigne la puberté. À la surprise de tous, elle se transforme en une merveilleuse épouse, mais meurt peu après le mariage pour des causes inconnues, dont l'une d'elles pourrait être de sévères complications durant sa grossesse, et une autre, le poison qu'Amaranta mit dans un liquide destiné à Rebecca mais consommé par Remedios.

Amaranta [modifier]

La plus jeune fille de José Arcadio Buendía, Amaranta, grandit en compagnie de Rebeca. Cependant, ses sentiments envers cette dernière changent à l'apparition de Pietro Crespi, auquel toutes deux s'intéresse durant l'adolescence. Quand Rebeca se marie avec José Arcadio, Amaranta rejette quelque homme que se soit, même Pietro Crespi, qui la courtise depuis que Rebeca l'a laissé. Elle partage une brève romance avec son neveu Aureliano José, et en une ultime tentative contre la solitude, elle touche de manière inappropriée le petit fils d'un autre de ses neveu, José Arcadio (fils de Fernanda et Aureliano Segundo) alors qu'il n'a que trois ans.

Rebecca [modifier]

Rebecca est une orpheline qui arrive à Macondo lorsqu'elle a perdu ses parents durant la période d'insomnie. Elle se marie avec José Arcadio a son retour. Déshéritée par Úrsula pour s'être mariée durant la période de deuil de la mort de Remedios et pour son « inconcevable manque de respect ». Lorsque son mari décède, Rebeca s'enferme dans la solitude et l'amertume pour le reste de sa vie, avec une servante pour seule compagnie.

Troisième génération [modifier]

Arcadio [modifier]

Arcadio est le fils de Pilar Ternera et José Arcadio fils. Il est professeur d'école, mais assume la direction de Macondo lorsque le colonel Aureliano Buendía s'en va et le sollicite pour cette mission. Mais il se convertit en un terrible dictateur, utilisant ses élèves comme armée personnelle.

Aureliano José [modifier]

Fils de Pilar Ternera et du colonel Aureliano Buendía. Il accompagne son père dans quelques guerres mais revient au village, amoureux de sa tante Amaranta. Aureliano José reçoit un coup de feu d'un conservateur, capitaine de la garde, durant la guerre alors qu'il fuit une brigade policière.

Santa Sofía de la Piedad (Sainte Sophie de la Piété) [modifier]

Santa Sofía est la femme d'Arcadio. Mère de Remedios la belle, José Arcadio Segundo et Aureliano Segundo. Elle joue un rôle secondaire dans le récit, réalisant les tâches domestiques pendant que Úrsula est malade. Elle s'en va de manière surprenante durant les dernières années de Macondo.

Les 17 Aurelianos [modifier]

Durant ses 32 guerres civiles, le colonel Aureliano Buendía a 17 fils avec 17 femmes différentes, avec chacune desquelles il a passé une seule nuit. Cela s'explique par le fait que traditionnellement, les jeunes femmes sont envoyées à coucher avec les soldats. Un jour, le foyer des Buendía est visité par 17 mères différentes demandant à Úrsula de baptiser leur fils. Úrsula les baptise tous du nom d'Aureliano et du nom de famille de leur mère. Plus tard, ces fils reviennent à la maison des Buendía temporairement, deux d'entre eux restent à Macondo et finalement, tous sont assassinés par le gouvernement, signalés par la croix du mercredi des Cendres sur leur front.

Quatrième génération [modifier]

Remedios la belle [modifier]

Remedios est la fille d'Arcadio et Santa Sofía de la Pieda, et hérita de la beauté de sa mère. Il se dit que c'est la plus belle femme du monde, mais plusieurs hommes meurent en essayant de la posséder, elle reste vierge durant toute sa vie. En plein jour et sous le regard de Fernanda, Remedios monte au ciel, corps et âme.

José Arcadio Segundo [modifier]

José Arcadio Segundo est le frère jumeau d'Aureliano Segundo, fils d'Arcadio et Santa Sofía. Úrsula croit que les deux furent interchangés durant leur enfance lorsque José Arcadio commence à montrer des signes caractéristiques des Aurelianos de la famille, devenant une personne pensive et calme en grandissant. Il joue un rôle important dans la grève des travailleurs des bananeraies et est un des survivants du massacre. Après cela, il consacre le reste de ses jours à l'étude des manuscrits de Melquíades. Il est le tuteur du petit Aureliano. Il meurt en même temps que son frère jumeau.

Aureliano Segundo [modifier]

Aureliano Segundo est le frère jumeaux de José Arcadio Segundo, fils d'Arcadio et Santa Sofía. Contrairement au caractère des autres Aurelianos de la famille, détail qui accrédite la thèse selon laquelle les deux enfants auraient interchangé leur nom pendant leur enfance, Aureliano Le Second vit dans une fête permanente. Il se rend rapidement compte que sa relation avec Petra Cotes, sa concubine, provoque une fertilité extraordinaire chez ses bêtes. Il épouse Fernanda Del Carpio. La pluie provoque la fin de la richesse d'Aureliano Le Second, qui passera la fin de sa vie, toujours aidé par Petra Cotes, à dessiner et vendre des billets de loterie. À sa mort, comme à sa naissance, on ne le différencie plus de José Arcadio Segundo, décédé en même temps. Leurs tombeaux sont échangés.

Fernanda del Carpio [modifier]

Très belle et très froide, Fernanda est élevée pour devenir reine. Elle croit longtemps à ce destin, sans remarquer les difficultés financières de son père. Elle garde d'ailleurs toute sa vie avec elle un petit pot de chambre en or. Elle va à Macondo pour le Carnaval où, choisie pour sa beauté, elle est la souveraine étrangère. Retournée chez son père, Aureliano Segundo finit par la retrouver et l'épouse à Macondo.

Cinquième génération [modifier]

Renata Remedios (Meme) [modifier]

Appelée Renata par sa mère, et Meme (diminutif de Remedios) par le reste de la famille Buendia, elle est la fille de Fernanda et d'Aureliano Le Second. De caractère très sociable, on veut en faire une virtuose du clavecin. De retour à Macondo à la fin de ses études, elle entretient une relation avec Mauricio Babilonia. Lorsque sa famille les surprend, Fernanda, sans concertation, l'emmène dans un couvent. Son fils, Aureliano Babilonia, y nait. Elle ne prononcera plus une seule parole. Elle mourra, à une date et en des circonstances non précisées, de vieillesse, sous une autre identité que la sienne dans un hospice à Cracovie.

José Arcadio [modifier]

Amaranta Úrsula [modifier]

Troisième enfant de Fernanda et Aureliano Le Second, elle est élevée avec Aureliano Babilonia sans savoir qu'elle est sa tante. Elle quitte Macondo pour suivre des études en Belgique d'où elle revient mariée à Gaston. Elle tombe amoureuse d'Aureliano.

Sixième génération [modifier]

Aureliano Babilonia [modifier]

Aureliano est le fils de Renata Remedios. Il est emmené par une religieuse à Macombo où il est remis à Fernanda. Fernanda l'enferme et le cache, il déchiffrera les parchemins de Melquiades.

Septième génération [modifier]

Aureliano [modifier]

Fils d'Aureliano Babilonia et de la tante de ce dernier, Amaranta Ursula, il naît avec une queue de cochon. Laissé sans surveillance par son père suite au décès de sa mère en couche, il meurt très peu de temps après sa naissance dévoré par des fourmis.

Personnages extérieurs à la famille [modifier]

Prudencio Aguilar [modifier]

Prudencio conduit un combat de coq contre le premier Buendia qui insulte sa femme Ursula. Buendia tue Prudencio. Le fantôme de Prudencio les hante et ils fuient leur ville pour fonder Macombo. Des années plus tard, Prudencio revient hanter José Arcadio. Ils discutent ensemble sous le chêne où Buendia est enchaîné.

Melquíades [modifier]

Melquiades est un prophète gitan qui se lie d'amitié avec le premier Buendia. Ensemble ils cherchent la pierre philosophale. Melquiades est déclaré mort mais revient chez les Buendia où il écrit des parchemins. Melquiades hante toujours la maison, et ses écrits racontent toute la malédiction des Buendia.

Pilar Ternera [modifier]

Pilar est une prostituée qui lit dans les cartes. Elle restera plus de cent ans près des Buendia comme Ursula. Elle est la mère, la grand-mère, l'arrière grand-mère parfois méconnue de presque tous les Buendia. Elle a une liaison avec les deux premiers fils Buendia, et un enfant avec chacun. C'est elle qui fait découvrir le plaisir aux garçons Buendia grâce à sa maison close.

Nicanor Ulloa et Rebeca Montiel [modifier]

Pietro Crespi [modifier]

Pietro Crespi est un marchand de jouet, il est aussi pianiste. Il amène pour un bal dans la maison des Buendia un piano mécanique. Il est charmant et les deux filles Buendia, Rebecca et Amaranda sont amoureuses de lui. Lui veut epouser Rebecca, Amaranda menace de la tuer. Finalement Rebecca se marie avec José Arcadio Buendia. Pietro s'intéresse alors à Amaranda qui le rejette. Il se suicide. Amaranda, pour se punir, met sa main au feu et couvre la cicatrice avec un bandeau noir qu'elle ne quittera jamais.

Petra Cotes [modifier]

Petra est la maîtresse de Aureliano le second, marié à Fernanda.

Mr. Herbert et Mr. Brown [modifier]

Mauricio Babilonia [modifier]

Sans cesse suivi de petits papillons jaunes, Mauricio est originaire de Macondo et travaille à la compagnie bananière. Il séduit Meme. Lorsque Fernanda les surprend tous les deux au cinéma, elle décide de l'enfermement de la jeune-fille dans la maison. Cela n'empêche pas Mauricio de venir rejoindre Meme lorsque celle-ci est aux bains. Il est blessé par la garde alors qu'il soulevait les tuiles pour pénétrer dans les bains. Touché à la colonne vertébrale, il ne peut plus bouger de son lit, et meurt, seul, de vieillesse.

Gastón [modifier]

Gaston est le mari d'Armanda Ursula, il est riche et soumis à sa femme, il la suit à Macondo où il s'ennuie en disséquant des insectes. Il part en Belgique où il décide de rester.

Interprétations [modifier]

Cent ans de solitude dans d'autres langues [modifier]

Le roman en anglais [modifier]

Le roman en italien [modifier]

Une des premières traductions publiées fut celle en italien, réalisée par Enrico Cicogna en 1968 et publiée par la Casa Editrice Feltrinelli, avec le titre Cent'anni di solitudine. Cicogna est devenu le traducteur officiel des ½uvres de García Márquez en italien, interprétant et exprimant d'une manière adéquate sa narration.

Le roman en français [modifier]

La traduction en français fut l'½uvre des philologues Claude et Carmen Durand en 1968, publiée par les Editions du Seuil (Paris), et a eu plusieurs éditions ; son titre en français est Cent ans de solitude. Les époux Durand ont traduits aussi les ½uvres d'autres auteurs latino-américains comme Isabel Allende.

Le roman en allemand [modifier]

En allemand, Cent ans de solitude fut traduit en 1970 avec pour titre Hundert Jahre Einsamkeit par Curt Meyer-Clason, qui compte un grand nombre d'½uvres traduites depuis l'espagnol et le portugais, dont les auteurs qui se détachent sont Jorge Luis Borges, Pablo Neruda, César Vallejo et Rubén Darío.

Le roman en espéranto [modifier]

La traduction de Cent ans de solitude en espéranto fut l'½uvre du journaliste et philologue espagnol Fernando de Diego réalisée en 1992 sous le titre Cent jaroj da soleco. Cet ecrivain est reconnu pour son travail de traduction depuis cette langue de diverses ½uvres de la littérature universelle entre lesquelles on peut mentionner Don Quichotte de la Manche, Vingt Poèmes d'amour et une chanson désespérée, La Famille de Pascal Duarte entre autres.

Portée de l'½uvre [modifier]

Prix [modifier]

Cent ans de solitude a reçu le prix Rómulo Gallegos au Venezuela en 1972. Gabriel García Márquez reçut également le prix Nobel de littérature en 1982 pour son ½uvre complète.

Citations [modifier]

« Un jour que le père Nicanor s'en vint le voir sous son châtaignier avec un damier et une boîte de jetons pour le convier à jouer aux dames avec lui, José Arcadio Buendia ne voulut point accepter car, lui dit-il, jamais il n'avait pu comprendre quel sens pouvait revêtir un combat entre deux adversaires d'accord sur les mêmes principes. » (Chap. 5, trad. Claude et Carmen Durand, Éditions du Seuil, Points, p. 94)

Références bibliographiques [modifier]
Arnau, Cármen (1971) El mundo mítico de Gabriel García Márquez. Ediciones Península, Barcelona.
García Márquez, Eligio (2001) Tras las claves de Melquíades: historia de cien años de soledad. Editorial Norma, Bogotá. ISBN 958-04-6073-6
García Márquez, Gabriel (2002) Vivir para contarla. Editorial Norma, Bogotá. ISBN 958-04-7016-2
García Márquez, Gabriel (1967) Cien años de soledad. Editorial Sudamericana, Buenos Aires. ISBN 84-376-0494-X
Gullón, Ricardo (1973) García Márquez o el olvidado arte de contar. Colección Jorge Ortega Torres. Taurus, Madrid. ISBN 84-306-9093-X
Henriquez Torres, Guillermo (2003) El misterio de los Buendía: el verdadero trasfondo histórico de Cien años de soledad. Editorial Nueva América, Bogotá. ISBN 958-9039-40-5
Mendoza, Jesús Luis (1991) Análisis de Cien años de soledad. Editorial Voluntad, Bogotá. ISBN 958-02-0503-5
Peralta Gómez, Andrés (1996) Análisis literiario de Cien años de soledad. Editorial Esquilo, Bogotá. ISBN 958-9235-83-2
Peña Gutiérrez, Isaías (1987) Manual de la literatura latinoamericana. Educar Editores, Bogotá. ISBN 958-0267-6
Rama, Angel (1985) La narrativa de Gabriel García Márquez: edificación de un arte nacional y popular. Colcultura, Bogotá. ISBN 958-612-074-0
Sorela, Pedro (1989) El otro García Márquez: los años difíciles. Editorial Oveja Negra, Bogotá. ISBN 958-06-0808-3
Vargas Llosa, Mario (1971) García Márquez: historia de un deicidio. Colección breve biblioteca de respuesta, Barral Editores, Barcelone.
García Márquez, Gabriel (1987) "Cien años de soledad". Edición crítica de Jacques Joset. 4ª edición. Madrid, Ediciones Cátedra (Colección Letras Hispánicas ; 215) 496 pags. ISBN 84-376-0494-X

Notes [modifier]
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# Posté le lundi 12 janvier 2009 07:45

Faust (gné gné!!)

Faust (gné gné!!)
Le docteur Faust est le protagoniste d'un conte populaire allemand qui a été employé comme base de beaucoup d'½uvres de fiction. Ce conte relate le destin d'un homme instruit, Johann Faust, qui appelle le diable à son aide, et offre de lui vendre son âme à condition que le diable accepte de le servir pendant vingt-quatre ans. Il signe avec le Diable, souvent nommé Méphistophélès, la reddition de son âme. Dans la plupart des versions ultérieures du conte, l'âme de Faust demeure sienne après que le diable accomplit ses v½ux.

Sommaire [
1 Origine
2 Littérature
2.1 Littérature
2.2 Musique
2.2.1 Musique classique
2.2.1.1 Symphonique
2.2.1.2 Lyrique
2.2.2 Musiques actuelles
2.3 Danse
2.4 Cinéma
2.5 Peinture
2.6 Bande dessinée
2.7 Littérature jeunesse
2.8 Jeu Video
3 Voir aussi
3.1 Liens externes
4 Source partielle



Origine

Le mythe plonge ses racines dans l'histoire. Il semble qu'il repose sur la vie d'un certain Johann Georg Sabellicus surnommé Maître ou Docteur Faust. Un ami de Luther dit que Faust a étudié la magie surnaturelle a l'université de Cracovie, en Pologne. Il est accusé de pratiquer la magie noire et d'écrire des libelles sur les miracles de Jésus de Nazareth où il affirmait qu'il pouvait, s'il le voulait, en faire de même. Craint et détesté par Luther et Mélanchthon qui affirmaient que le diable hantait Faust sous la forme d'un chien, ses adeptes l'avaient incité à enseigner. Accusé de molester ses étudiants il dut quitter l'université pour échapper aux poursuites judiciaires.

D'autres témoignages prouvent qu'il était en activité à l'université d'Erfurt. Quand il enseignait Homère, il faisait apparaître devant ses étudiants sans doute à l'aide de projections provenant d'une lanterne magique les héros de Troie et les monstres de la mythologie, notamment le cyclope Polyphème. Certaines de ces figures d'ombre tentaient de dévorer, avant de disparaître, quelques étudiants épouvantés.

C'est à Erfurt que Faust aurait déclaré en présence d'un moine franciscain nommé Konrad Klinge : « je suis allé plus loin que vous ne le pensez et j'ai fait une promesse au démon avec mon propre sang, d'être sien dans l'éternité, corps et âme ». Cet ½uvre s'apparente au livre de Camisso : L'étrange histoire de Peter Schlemilh.

On retrouve Faust à l'auberge Auerbach à Leipzig sur un baril en 1525. En 1534, l'aventurier allemand Philip von Hutten lui demanda de prédire son avenir avant d'explorer une région du Venezuela. Six ans plus tard, il écrivit à son frère que tout s'était produit exactement comme Faust l'avait prévu. Finalement arrêté et jugé pour sorcellerie, Faust fut exécuté en place publique à Staufen en Brisgau en 1540.

Littérature
A la fin du XVIe siècle, Johan Spies publie Le Livre de Faust. Il dresse le portrait profond et saisissant d'un homme dominé par la soif du savoir et s'éloigant de Dieu. Il est traduit en anglais en 1593, et tomba dans les mains de Christopher Marlowe, qui situe l'action de sa pièce à Wittenberg. Le Docteur Faustus de Marlowe a été à son tour étudié par Johann Wolfgang von Goethe, et la tragédie de "Faust" est venue éclipser le Faust historique, dont on connaît peu de choses.

La vie de J. Faust a été écrite plusieurs fois, notamment par Georg Wiedmann, Hambourg, 1593, et traduite en français sous le titre d'Histoire prodigieuse et lamentable de J. Faust, grand magicien et enchanteur, par Palma Cayet, Paris, 1674. Heumann a composé une curieuse dissertation sur Faust, Wittemberg, 1683.

Quelques-uns ont pensé que Faust n'est autre que Johann Fust de Mayence, un des inventeurs de l'imprimerie, dont la vie aurait été défigurée par les contes populaires.

Le Faust de Nikolaus Lenau, "nous dévoile une quête de la Vérité. Construit comme un drame poétique, les scènes de la vie du héros expriment le tragique de la destinée. Composition baroque et morcelée, cette ½uvre de contrastes tente d'exprimer les contradictions des êtres. L'½uvre s'articule sur les thèmes faustiens : la nature ne livre pas ses secrets, la science est vaine, la religion ne répond à rien, la sensualité est éphémère, la vie familiale est insipide, l'art n'apporte qu'un semblant de satisfaction... Refusant tout compromis, sceptique et désabusé, Faust rompt avec l'ordre établi pour échapper au doute et se laisse convaincre par un Méphistophélès brutal, ironique et condescendant, qu'il atteindra son but en lui livrant son âme. Son errance et ses visions ne sont pourtant que la fuite en avant d'un rêve cynique qui le mène d'échec en échec. C'est Görg – L'Homme –, conscience de Faust, qui lui apporte la clé en lui faisant découvrir que la liberté désirée est en chacun de nous et qu'il est vain de la chercher ailleurs. Cette révélation de l'homme libre entraîne le rebelle vers sa destruction. Ses aventures douloureuses n'ont été que l'histoire d'un sursis". (commentaire du compositeur Philippe Fénelon)


Littérature
L'ouvrage original est anonyme et s'intitule Historia von D. Johann Fausten. C'est l'½uvre de référence pour connaître le récit mythologique originel. Il date de 1587 et connaît des éditions anglaises (1587-1589), danoise (1588),hollandaises (1591-1592) française (1598), tchèque (1611).
La Tragique Histoire du Docteur Faust de Christopher Marlowe (1594) dont le libellé complet est La Tragique histoire du Docteur Faust, le fameux magicien et maître de l'art ténébreux; comme il se vendit au diable pour un temps marqué, quelles furent, pendant ce temps-là, les étranges aventures dont il fut témoin ou qu'il réalisa et pratiqua lui-même, jusqu'à ce qu'enfin il reçut sa récompense bien méritée. Recueillie surtout de ses propres écrits qu'il a laissés comme un terrible exemple et une utile leçon à tous les hommes arrogants, insolents et athées.
Une version par Johann-Nicolaus Pfitzer (1674)
Faust und sieben Geister par Gotthold Ephraim Lessing (1759)
Faust, ein Fragment de Johann Wolfgang von Goethe (1790)
Deux versions par Friedrich Maximilian Klinger (1791 puis 1797)
Faust, eine Tragödie in einem Akt, ein Versuch par Adalbert von Chamisso
Les Faust de Johann Wolfgang von Goethe (1749 - 1832)


Traductions :
Faust I - Gérard de Nerval (1828)
Faust I et II - en vers, de Henri Lichtenberger
Faust I et II - en vers, de P. Bregeault de Chastenay (1949)
Faust I et II - en vers, de Jean Malaplate (1984)
Faust I - en vers, de Jean Amsler (1994)

On trouve à l'époque de Goethe ou après celle-ci un grand nombre d'½uvres de valeur sur le thème, dont:
Novaja Scena me¸du Faustem i Mefistofelem d'Alexandre Pouchkine (1825)
Don Juan und Faust, eine Tragödie par Christian Dietrich Grabbe (1829)
Faust, ein Gedicht de Nikolaus Lenau (1836)
Der Doktor Faustus, ein Tanzpoem de Heinrich Heine (1851)
Faust, Rasskaz v devjati pismach d'Ivan Tourgueniev (1856)
Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde peut-être lu comme une transposition du mythe faustien dans le domaine de l'art (1891)
Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien d'Alfred Jarry (1911)
La Mort du docteur Faust de Michel de Ghelderode (1925)
Mon Faust (ébauches) de Paul Valéry (1945-1946)
Faust au village de Jean Giono ( 1947)
Faust de Fernando Pessoa
Doktor Faustus de Thomas Mann (1947-1950)
L'homme de soixante ans de Franz Hellens (1951)
Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov
Votre Faust de Michel Butor (1962)
Jack Faust de Michael Swanwick (roman de science-fiction) ;
Eric, Faust de Terry Pratchett
Un Faust de Jean Louvet (1984)
Faust is Dead (Faust est mort) de Mark Ravenhill (1996)


Merci

# Posté le lundi 12 janvier 2009 14:39